J'aimerais être un oiseau pour connaître la liberté...

Ma photo
J'aime les retours à l'innocence perdue de l'enfance, la sincérité dans les relations. Sensible et romantique je déteste l'hypocrisie. Une citation qui me va bien: "Dans la vie, fais confiance à ceux qui peuvent voir ces 3 choses/ - Ta peine derrière ton sourire... - L'amour que tu as malgré la colère... - Et............la raison de ton silence..."

vendredi 27 septembre 2013

Mes petits pas perdus...

Mes petits pas perdus...

Mes petits pas perdus, ceux de ma tendre enfance

Sautant les caniveaux et les flaques débordantes

Où mes vieux godillots qui n'étaient plus étanches

Venaient laver mes pieds d'un rire d'insouciance



Mes petits pas perdus, à l'aube de l'automne

Courant vers la forêt cette Amie polissonne

De la cime des arbres la lumière qui rayonne

Sur la plus belle vallée, au sourire de Madone



Mes petits pas perdus, sur le sentier sinueux

Menant à la cabane, celle de l' Hermite vieux

Le visage est fripé mais l'éclat de ses yeux

Apporte la sagesse, celle des gens heureux



Mes petits pas perdus, en chemin de retour

Lorsque soudain, la nuit en voile de jour

Referme cette porte du gamin troubadour

Sur sa fleur d'Innocence, sa fleur d'Amour...


Roidecoeur septembre 2013




jeudi 26 septembre 2013

Voyage vers l'inconnue n° 7 fin (saga écrite en duo avec Clémentine en 2010)

Voyage vers l'inconnue 7...

Prince Emo se remettait de ces émotions, son visage rayonnait de bonheur, entourant de ses bras protecteurs Lehna... la petite l'enlaçait tendrement l'oreille droite posée contre sa poitrine, écoutant les battements du cœur de son papa...devant nous s'exposait le tableau d'un Amour retrouvé...
Le prince fit signe à Acku de ranger les affaires dans le véhicule et demanda à son serviteur de prendre en charge les chameaux et de le rejoindre à l'endroit indiqué par la jeune fille, distant d'environ une dizaine de kilomètres; Il nous invita à prendre place dans le 4x4 en installant délicatement sa petite princesse à côté de lui. Clem et moi, à l'arrière sur la grande banquette avons choisi de nous blottir l'un contre l'autre, l'échange de nos regards, nos mains enlacées laissaient apparaître au grand jour, le trouble de nos sentiments...dans un nuage de sable le véhicule s'élança...J'aurais aimé que cet instant dure une éternité...
Nous arrivons au pied de cette superbe chaîne de montagnes en forme de fer à cheval, elle était constituée d'énormes rochers dont chaque extrémité étaient effilées comme de grandes dents pointues quant à nos yeux s'offrit une image idyllique... au fond de ce qui ressemblait à une énorme bouche se trouvait une grande étendue d'eau d'une étrange pureté alimentée en partie supérieure par une source coulant en cascade le long des parois rocheuses en nous offrant un doux chant mélodieux dans cet endroit plein de sérénité ...
Dans cette région d'Ennedi que Lehna et le Prince Emo connaissent bien se trouve une multitude d'endroits comme celui-ci où sur les vestiges du Sahara lorsqu'il était vert se trouvent encore sur ces parois, plein de dessins retraçant des scènes de la vie courante faites de chasses, de pêches, de superbes vestiges datant de plusieurs millions d'années... Cet endroit ne voit plus aujourd'hui que le passage de grandes caravanes de marchands de chameaux, de bétail en transhumance; l'extraction de l'or blanc des lacs salés ne sert plus que de monnaie d'échange...
Lehna se dirigea à droite du fer à cheval et pieusement en donnant la main à son père, s'approcha d'une grosse pierre blanche qu'elle balaya d'une main gracile dans un geste de caresse pour en ôter le surplus de sable...laissant apparaître un nom... »Farilda»...dans un silence religieux Emo, sa fille dans les bras laissèrent couler leurs larmes...Clem et moi , légèrement en retrait, par respect, embrassons notre pouce en signant notre geste de la croix... le père et l'enfant prirent grand soin de nettoyer la sépulture ensablée pour repositionner les petites pierres la recouvrant en dessinant un cœur...


Nous les regardions faire, n'osant parler ni bouger, de peur de briser ce silence d'émotion pure....
Avec Hervé, nos regards se croisaient souvent, chargés d'un trouble difficile à contenir, est-ce cet endroit.... le sable.... le sirocco qui commençait à courir à travers les dunes pour venir se briser contre ces roches salvatrices... je ne saurais dire, mais son regard me fait un bien fou, me faisant oublier un instant l'endroit où nous étions et les risques encourus....
Un nuage plus important de poussière arrive vers nous.... Acku et les chameaux.... je me laisse tomber dans le sable, ma main calée dans celle d'Hervé qui s'agenouille sereinement près de moi... tout sera bientôt fini, nous allons rentrer en France... je nous imagine déjà dans l'avion, nous regardant en souriant.... le prince et Lhena ont tellement d'années à rattraper qu'ils en oublieront ces mauvais moments, j'en suis certaine, Acku, lui, veillera sur Lhena et le prince Emo, dans l'ombre., comme il a toujours fait....
Des hurlements déchirant ce silence se font entendre ! effarée, je me retourne pour voir fondre sur nous une meute hurlante, armée de cimeterres brandis dans de grands gestes menaçants à notre encontre, je reste pétrifiée à regarder ses monstres sanguinaires fondant sur nous, Hervé, plus vif, me bouscule, m'évitant un mauvais coup, le prince à déjà son cimeterre à la main, le faisant tournoyer, voici deux adversaires terrassés... il me crie... Lhenaaaaa!!!!! oubliant ma peur, j'attrape Lhena par la taille, l'attirant vers une encoche des rochers, blotties l'une contre l'autre, je vois Hervé ramasser une arme tombée à terre et la brandir, fermant l'accès de notre pauvre cachette à ses hommes sans foi ni loi.... mais les armes blanches ne sont pas son fort, à sa façon de faire, j'ai peur pour lui... Lhena tremble, ou est-ce moi, je ne sais plus, les cris fusent dans une langue que j'ignore, mais le ton ne laisse aucun doute, c'est notre mort à tous qu'ils veulent, le prince est un superbe combattant, en le voyant, j'ose espérer... et puis Acku doit bien entendre ce vacarme d'où il est, il ne doit pas être si loin....vite Acku, vite....mon Dieu ! Hervé vient d'être bousculer par la monture du chef des brigands, son corps transpercé d'une dague est projeté vers une anfractuosité des rochers.... un bruit de fin du monde résonne dans ma tête....Le cliquetis de ces armes s'entrechoquant m'incite à me boucher les oreilles...les minutes qui s'écoulent me semblent interminables, je n'ose regarder...l'image d'Hervé le corps ensanglanté accapare mon esprit...
Combien de temps avec Lhena sommes-nous rester cachées dans cette grotte...je ne saurais le dire quand une silhouette imposante se présente à l'entrée, un cimeterre dans la main droite, l'autre main posée sur sa poitrine, j'aperçois du sang couler entre ses doigts...le chef des brigands nous fixe, le regard empli de haine et brandit dans un ultime effort son arme dans notre direction avant de s'écrouler, mort à nos pieds laissant apparaître derrière lui Le Prince Emo souriant de nous voir en vie...Il saisit sa fille dans ses bras...je me précipite hors de notre abris de fortune, anxieuse, cherchant des yeux Hervé... Il ne bouge plus... et respire très faiblement... Acku est à côté de lui appliquant sur l'imposante plaie une pierre emballée de son turban... il bloque ce compressif à l'aide de sa large ceinture, stoppant ainsi l'hémorragie provoquée par le glaive meurtrier...Hervé à cet instant émit un cri de douleur qui me réconforta...il est encore vivant...
Acku n'était pas blessé...arrivé discrètement au moment de l'attaque des brigands il a pu bénéficier de l'effet de surprise et estourbir trois des rebelles pendant que le Prince Emo s'affairait avec le Chef...il peut être fier ce Prince valeureux qui en une journée a retrouvé sa fille et vengé son épouse...
Emo n'avais qu'une blessure légère à la cuisse qu'il pansa rapidement... Accompagné d'Acku, il se dirigea de l'autre côté de l'anse pour donner une sépulture décente aux quatre rebelles en plantant à la tête du chef le cimeterre du Maître vaincu...
Hervé reprenait doucement ces esprits...il me regarde... me sourit...je caresse ses cheveux et dépose un doux baiser sur son front brûlant...nos mains se joignent...elles ne se quitteront plus...

Fin...




Voyage vers l'inconnue n° 6 (saga écrite en duo avec Clémentine en 2010)

Voyage vers l'inconnue 6...

Lehna devant la colère du Prince se mit en position foetal craignant une avalanche de coups...mais il n'en fut rien ...à sa stupéfaction l'homme en tenue blanche se mis à genoux en serrant contre sa poitrine le bijoux et devant notre air médusé, éclata en sanglots...
Sans connaître l'origine de sa peine, une grande émotion nous submergea pour laisser apparaître de grosses larmes qui en glissant sur nos joues dessinèrent de jolis sillons en lavant le sable déposé lors de la tempête ; Seul Acku à l'écart semblait étranger aux événements qui se déroulaient devant lui...peut être n'en avait-il pas le droit et son regard sombre, impassible donnait une vision ubuesque dans cette immensité ;
Prince Emo regarda Lehna et avec gentillesse lui demanda où avait-elle volé ce bijou ? Lehna apeurée commença son récit ;
Je n'ai pas volé ce bijou Prince, lui avoua Lehna les yeux embués de larmes,
Il me vient de ma mère... il y a une dizaine d'années, quand elle a su que l'étoile éternelle la rappelait à elle, elle me la transmit, me faisant promettre de ne jamais m'en séparer... maman avait toujours un sourire triste en regardant ce bijou...
Raconte encore demanda le prince....
Malade, une froide nuit où elle n'avait plus de force à combattre, elle m'attira contre elle et m'a dit qu'il provenait de son unique Amour qui avait été tué par ce chef brigand au moment de l'attaque de leur village. Ce soir-là Maman avait été enlevé et obligé de les suivre contre sa volonté .... je suis née il y a 15 années sous une grande toile côté sud de la tente du chef... Maman a été obligé de se soumettre pour nous permettre de vivre, de survivre en travaillant jours et nuits sans jamais se plaindre auprès de celui qu'on devait appeler « Maître » ;
Elle savait que ces hommes durs et méchants, passant leur temps à piller les caravanes de passages seraient sans pitié avec nous, tant que nous serions utiles comme esclaves, ne réclamant que peu pour survivre, nous pensions ne rien risquer....
Je n'avais pas cinq ans, mais le Chef a tenu à ce que j'assiste à sa mise en terre au pied de cette grande montagne rocheuse que nous pouvons apercevoir d'ici...Depuis ce temps c'est moi qui la remplace auprès de cette tribu de Brigands...Voilà mon « Prince » vous connaissez la raison de ma fuite avec mes deux amis et cette envie d'aller me recueillir à l'endroit où ma mère repose...J'ai un grand besoin d'aller là bas... Elle me manque tant...Elle m'a raconté aussi d'où venait ce bijou..
Parle vite fillette....dis-moi vite le nom de ta mère, décris-là moi, son visage.... ses yeux...sa bouche, je veux tout savoir..... le prince Emo serrait si fort le bijou qu'une perle de sang tomba sur le sable, créant un minuscule cratère, elle resta lovée dans celui-ci comme dans un écrin.....
Léhna regardait la perle rouge, et sans en détacher ses yeux continua....
Maman était follement amoureuse de son époux il lui déclamait de jolies poésies, faites de douceur et de miel, de mots tendres et de promesses d'une vie merveilleuse entourée d'enfants riants et jouant dans un jardin d' Eden...., ils étaient dans cette oasis, se promenant main dans la main dans une allée d'oranger, quand soudain cette horde sauvage est arrivée en hurlant, les bousculant, elle a vite caché son pendentif pendant que lui, faisant tournoyer son cimeterre au-dessus de sa tête tentait de les éloigner..., elle a vu le Maître le frapper, elle a vu son époux tomber, et ces hommes le cœur plein de haine piétiner son corps en laissant éclater leur joie.... elle avait compris, il avait sacrifié sa vie pour elle,et elle, n'avait pas eu le temps de lui dire qu'en son ventre poussait la plus belle des graines d'orient.....c'est ce qu'elle disait en parlant de moi continua Lehna dans un sourire triste en regardant le prince....
Dis-moi reprit le Prince.... au-dessus de sa bouche.....
Elle avait une petite tache en forme d'étoile lui répondit Lehna....
Le prince , d'une voix monocorde reprit doucement.... le nom de ta mère.......
Farilda dit la jeune fille...
Prince Emo éclata de nouveau en sanglot en ce jetant dans les bras de Lehna en criant... ma petite fille, mon Amour....L'image qui se présentait à nos yeux semblait irréelle Clémentine et moi nous donnant inconsciemment la main étions abasourdis par ce récit d'une très belle histoire d'Amour sur laquelle subsistait de multiples interrogations... Les émotions étant à leur paroxysme, je plongeais mon regard dans celui de Clémentine, lui souriant doucement, son sourire chaleureux me fit le plus grand bien....Nous avons ressenti à cet instant le besoin de nous blottir dans les bras l'un de l'autre et sans un mot, échanger un doux et délicat baiser, devant l'air médusé d'Acku droit comme un piquet les bras croisés sur sa poitrine...
Lehna et le Prince Emo continuaient à ce dévisager pour se trouver des points de ressemblances... le nez, les lèvres la couleur des cheveux... ce qui était incontestable était la pureté de leurs regards bleutés..
Acku sur les ordres du Prince se dirigea vers le véhicule pour en sortir un énorme sac contenant des victuailles... il déposa sur une natte à même le sol des poulets rôtis et des galettes de froment accompagnés d'une eau provenant d'une outre en peau de chameau qui avait conservé la fraîcheur de la nuit ; Affamés depuis deux jours nous engloutissons ce délicieux repas sous les sourires complice du Prince qui profita de ce moment de détente pour poursuivre...
Les brigands m'ont laissé pour mort, mais en vérité je suis resté inconscient une partie de la nuit...c'est mon fidèle Acku ne me voyant pas rentrer parti à ma recherche qui m'a retrouvé, soigné et guéri...mais ce gros choc à la tête m'a rendu plusieurs années amnésique et c'est au moment d'une nouvelle attaque de notre village que la mémoire m'est revenu depuis j'arpente désespérément le désert pour retrouver Farilda...
Lehna se blottit dans les bras de son père et d'une voix presque inaudible car remplie d'émotion...murmura Papa allons nous recueillir ensemble sur la tombe de Maman...
Lhena en laissant couler ses larmes.... repris son récit...vers mes cinq ans, épuisée de cette vie de misère, elle s'est endormie un soir pour ne plus se réveiller... notre campement était au pied de cette grande montagne rocheuse, celle qui ressemble à des dents de scie, celle çi montra Lhena en désignant de sa paume ouverte les roches qui nous surplombaient.... Elle est là et je voulais venir la voir, prier pour elle, voilà pourquoi je me suis enfuie avec eux, ils avaient l'air gentils... dit-elle en nous visant de son menton plein de fierté.... à ce moment, je sentis la main de Clémentine serrer fortement la mienne et moi, je n'osais bougé de peur qu'elle la retira...
A-t-elle été ensevelie décemment demanda le prince les yeux embués... oui, lui répondit la fillette, les femmes y ont veillé.... elles ont chanté pour elle.... et un homme a martelé une pierre à son nom.... le prince baissa la tête, et les larmes tombèrent, rejoignant la perle de sang....
Ce bijou, lui dit-il, sais-tu ce qu'il y a dedans ?
Lhena ouvrit de grands yeux.... je ne savais pas qu'il s'ouvrait !
Le prince Emo fit jouer un minuscule mécanisme, la main se détacha à demi de la croix.... regarde fit-il en lui tendant sa paume..... cette photo, c'est moi qui l'ai mise là il y a 18 ans....avant de lui offrir ce bijou.... c'est une photo de Farilda et de moi le jour de notre mariage..... je sais maintenant pourquoi ton regard me fascinait tant.... je cherchais mon épouse depuis tout ce temps et c'est ma fille que j'ai trouvée.... un cadeau du ciel et de Farilda.... il lui sourit tendrement, sais-tu que tu portes le prénom de ma mère.......
à suivre....
















Voyage vers l'inconnue n° 5 (saga écrite en duo avec Clémentine en 2010)

Voyage vers l'inconnue 5...
La petite donnait l'impression de vraiment bien connaître la région, car elle nous dirigea rapidement au pied d'un massif rocailleux où, derrière d'énormes blocs de pierre blanche formant une cavité nous nous sommes cachés espérant que nos poursuivants ne nous ai pas repéré...
Lehna caressait la chamelle pour éviter qu'elle blatère bruyamment, instinctivement je fis de même avec ma monture... On retenait nos respirations... la peur se lisait dans nos regards quand notre attention fut attirée par un bruit familier que je n'avais pas perçu depuis bien longtemps... le vrombissement d'un moteur...
Nous restions tapis dans un silence profond, nos oreilles attentives espérant entendre le bruit du véhicule s'éloigner mais à l'inverse celui-ci devint assourdissant pour s'arrêter à quelques mètres de nous... des portes claques et un échange de voix nous indique que les occupants au nombre de deux nous on peut être aperçu...
Intriguée, Lehna, le corps ne faisant plus qu'un avec la roche, jeta un regard curieux par-dessus l'aspérité, elle nous fait le signe '2' avec ses doigts;
Deux hommes vêtus de la tenue traditionnelle Touareg, l'un d'un noir profond, l'autre d'un blanc éclatant... Le premier, se faisant appeler Acku par le second semblait au petit soin pour cet homme élancé dont une large ceinture maintenait un superbe cimeterre orné d'or et de Diamants... ils ne nous avaient pas repéré et semblaient avoir choisi cet endroit pour une simple pause...
La jeune Berbère semblait toute excitée à la vue de ces hommes quand au même instant la chamelle qui n'était plus caressée et visiblement contrariée, blatéra bruyamment en ce redressant sur ces pattes...
Acku s'écria «Prince Emo!» il y a du monde là ! en pointant du doigt l'endroit où nous étions cachés...notre sang se glaça dans nos veines...
Ils furent plus rapide que nous et l'homme en noir avait déjà ceinturé Lehna qui gigotait, les pieds battants l'air, criant de toutes ses forces, mais l'homme la maintenait à bout de bras en riant, sans comprendre ce qu'il lui disait, je pense qu'il devait la traitée de sauterelle ou de gazelle du désert....
Je ne voulais pas qu'il puisse faire le moindre mal à notre jeune amie, je retiens Hervé d'une main simplement posée sur son bras... ils ne lui feront pas de mal... je ne pense pas, regarde, pas de colère dans leurs yeux.... c'est vrai, les deux hommes rient de bon coeur en voyant notre Lehna essayer de donner des coups... peine perdue, le colosse ne semble pas sentir quoi que ce soit....
L'homme en blanc, s'approche de nous, le regard interrogateur, nous parle dans sa langue, que nous ne comprenons pas, mais nulle animosité dans sa voix... Lhena épuisée ce calme, elle a compris sa demande et répond pour nous... à ce moment l'homme, appelé prince Emo par Acku nous demanda dans un français châtié ce que nous faisions là..... enfin ! quelqu'un qui parle notre langue et qui nous écoute !
Soulagés, sur l'invite d'un geste ample de sa part, nous nous installons, assis en tailleur, formant comme une ronde, le prince se trouve soudain face à Lhena, il la dévisage avec des yeux étranges, comme s'il regardait une vision lointaine, il la regarde, mais ne dit rien... un sourire triste anime son visage... c'est vrai qu'elle est jolie notre Lhena.... elle, se voulant fière, redressa son petit menton volontaire et porta son regard au loin, machinalement sa main caressa son pendentif...
Prince Emo qui dévisageait Lehna fixa le bijou...son visage devint blême, il se leva brusquement et d'un seul geste arracha le collier du cou de la jeune fille en s'écriant: «à qui as tu volé cela!»....

à suivre....




Voyage vers l'inconnue n° 4 (saga écrite en duo avec Clémentine en 2010)

Voyage vers l'inconnue 4...

Le sifflement du vent se faisait plus faible, la tempête de sable semblait s'apaiser...quand une petite main dans l'obscurité coupa la corde qui entravait nos chevilles... Brusquement, elle saisie celle de Clémentine qui tenait fermement la mienne... Une chaîne de vie, de survie venait de naître... La petite se dirigea vers l'enclos où se trouvait les chameaux pour en libérer deux dont une femelle pouvant nous donner son lait, ce breuvage sera peut- être notre seule alimentation...Clémentine et la jeune fille grimpèrent sur la chamelle, moi sur la seconde monture et dans cette fin de nuit sans un bruit, notre petit groupe s'enfonce dans le désert avec comme seul objectif celui de mettre la plus grande distance avant l'aube avec les rebelles qui ne tarderaient pas de se rendre compte de notre disparition...
L'aube pointait à l'horizon en même temps que le soleil qui réchauffait nos corps...Lehna la petite Kabyle semblait bien connaître la région, car la levée du jour coïncidait avec notre première halte sur un petit écrin de verdure autour d'une étendue d'eau... Le visage apeuré, elle regardait constamment derrière elle afin de contrôler l'absence de nuages de sable...Qui était cette belle jeune fille? Âgée d'une quinzaine d'années, fluette, petite on l'imaginerait chétive et pourtant d'elle, émanait cette aura accentuée par son regard bleu Persan, seule partie du corps visible à nos yeux...Pourquoi s'échapper avec nous ?.....
Je caresse en souriant ce petit visage apeuré elle me regarde avec un peu de tristesse sous ses grands cils noirs...c'est vrai qu'elle est gracile notre Lehna, je lui avais donné douze ans, mais sous la tente, avec ses doigts, elle m'avait montré quinze... Lehna serre encore ce bijou suspendu à son cou... son regard devient absent quelques secondes puis, comme se réveillant, nous montre les chameaux, il faut vite repartir...les heures ont passé difficilement pour Hervé et moi, nous n'avons pas encore eu le temps de discuter, notre seule préoccupation étant de mettre le plus possible de distance entre eux et nous...j'ai mal partout, j'ai chaud et soif, des dunes, toujours des dunes, encore des dunes, nous ne quitteront jamais ce désert...
Lehna , en connaisseuse, nous fait descendre des chameaux, eux aussi sont fatigués, et ici, notre vie dépend de leur vie, nous marchons de front, alors la discussion peut se faire... Hervé l'humanitaire et la photographe free-lance.. une halte bienvenue, quelques gorgées d'eau et trois dattes chacun, trésor que Lehna portait sur elle....
Hervé observait la gamine tenant son pendentif d'une main et mangent sa datte en rêvant, il tend la main vers son cou, elle, dans un reflex se recule brusquement, elle a eu peur que je ne lui prenne; d'un sourire bienveillant, je lui fais comprendre... juste regarder... il est magnifique... elle pose sa main droite à plat sur le sable et pose sa main gauche délicatement dessus, une main à deux pouces...puis dessine dans le sable une croix aux contours doux, elle me regarde en souriant, me montre la face de cette main de Fatima, puis retourne le bijou....soudé, à son envers , une croix d'Agadez, je n'ai jamais vu cela... elle nous remontre la face du bijou, croise ses bras et berce, elle tient ce bijou de sa maman.. dessine des larmes sur son visage, j'ai peur de comprendre, sa maman n'est plus..; doucement, elle se lève, nous montre l'autre face de son pendentif et, les mains croisées sur sa poitrine, la tête baissée, elle marche lentement à reculons, comme un signe de grande soumission... puis nous sourit et nous remontre l'envers du bijou.... son père serait-il un dignitaire ? Serait-elle princesse ? Où sont ses parents, que faisait-elle avec les bédouins?
Lehna se retournait fréquemment et cria en pointant du doigt un léger mouvement de sable derrière nous...Vite nous remontons sur les chameaux pour repartir à vive allure vers une direction que la jeune Bédouine semblait connaître...Malgré nos efforts le nuage sablonneux semblait fondre sur nous...je sentais mon cœur battre très fort dans ma poitrine et Clémentine, Lehna devaient être dans le même état d’anxiété...seront-nous rattrapés par nos poursuivants et dans ce cas que feront-ils de nous et de la petite qui nous a aidés à nous enfuir....

à suivre.....




Voyage vers l' inconnu n° 3 (saga écrite en duo avec Clémentine en 2010)

Voyage vers l'inconnu 3...

Des heures que la caravane s'enfonce dans ce désert où le soleil offre à nos regards un spectacle grandiose, se jouant comme par magie de cette immensité avec des jeux d'ombres et de lumières alternant en magnifiques contrastes,  de jaune, d'ocre et d'orangé... Le voir lentement se coucher derrière cet horizon de dunes entraîna mon imagination fertile dans une vision tel un clin d’œil de sa part nous indiquant pour la nuit la fermeture des moucharabiehs sur un palais de sable blanc... 
Le jour s'effaçait doucement annonçant la baisse de la température? quand au loin on pouvait apercevoir un écrin de verdure au flanc d'une colline rocailleuse... au pied de cette montagne, une oasis de rêve, palmeraie luxuriante offrant ses fruits gorgés de sucre et de soleil...
Sommes nous arrivés à notre destination?
La réponse ne se fit point attendre, car de l'autre côté du rivage comme pour se protéger d'un éventuel assaillant se trouvait un village de toiles beaucoup plus structuré que le bivouac précédent; composé de tentes réparties de façon circulaires, elles étaient séparées d'allées finement tracées; au centre se dressait une toile plus imposante que les autres, assemblage de nattes arrimées à  des racines d'acacias, quadrilatère dont les piquets marquent les angles, elle est considérée par le Touareg comme une réplique du monde car la terre est un disque et sa forme en dôme symbolise la voûte céleste; L'orientation des tentes est crucial dans cette communauté nomade avec un accès aux quatre points cardinaux; Le Nord représentant le côté néfaste, l'Est et l'Ouest où se trouve l'Homme qui prie; le Sud demeurant le seuil, l'endroit de vie, où on reçoit l'invité; L' époux se place au nord pour protéger des «kel-esuf» (mauvais sort); la femme, toujours propriétaire de la toile dort au sud là où elle enfantera. Le mode de vie rudimentaire de ce peuple Berbère est empreint de l'occident avec une mixité entre les religions musulmanes et chrétienne., témoin cette croix d'Agadez que les hommes se transmettent de père en fils...avec cette jolie phrase:
 «Mon fils je te donne les quatre coins du monde car on ne peux savoir où on mourra»
Nous descendons de nos montures et pour la première fois je me trouve face à face avec cette femme en tenue militaire qui à ma vue esquisse un léger rictus en enlevant ses lunettes de soleil recouvrant de jolis yeux émeraude...Nos regards se figent et en quelques secondes nous devinons nos angoisses réciproques...
Un sourire amical... que cela est bon de voir ce visage maculé de cette poussière de sable qui colle à la peau...; les cris durant le voyage lui étaient surement destinés... qui est-elle? Un militaire capturé au cours d'une mission secrète? Mais cette corde à sa cheville... son sourire bienveillant à mon égard, mon cœur bat un peu plus vite, un espoir nouveau vient de s'installer dans ma tête, il faut que j'arrive à lui parler, mon Dieu, faites qu'elle parle la même langue que moi!
Ils me rattachent les poignets et tirent sans ménagement sur la corde pour m'amener vers la tente centrale, ils nous séparent déjà ! J'ai envie de hurler, je hurle, «je m'appelle Hervé !!!...»,l'homme qui tient la corde me reliant à lui tire brusquement, et je tombe le nez dans le sable, mais j'ai entendu sa voix répondre ...»Et moi Clémentine!!!!...»
Elle parle la même langue que moi... je me relève en crachant le sable de ma bouche, je la cherche du regard, mais elle à déjà disparue... il faut à tout prix que je puisse lui parler, cela devient obsessionnel...
Clémentine surveillée par un homme à l'allure imposante est installée à l'écart dans une autre tente plus petite où, à proximité une jeune fille s'active à récurer avec du sable une grosse gamelle d'aluminium; Fatiguée, elle s'installe sur sa couche et réfléchit oubliant un moment son appareil photo tombé aux mains de cette bande... elle, la journaliste venue simplement en reportage pour ce grand magazine, photographier les dunes et les nomades du désert ... et qui se retrouve comme lui prisonnière... mais d'un seul coup, l'espoir revient, elle ne se sent plus seule...

C*
Hervé... ma pensée s'accroche à ce prénom... que lui font-il ? Et lui, qu'est-il venu faire dans le désert... puisque nous sommes prisonniers, pourquoi nous séparer, entravés comme des chameaux, nous ne pouvons nous échapper! La nuit tombe sur les dunes qui s'enfoncent dans le bleu sombre... les étoiles scintillent... le froid saharien me fait trembler, j'ai peur aussi, abrutie par cette pénible journée de transfert, je me recroqueville sur mon tapis... dormir et ne pas penser... on verra demain... demain, il faudra qu'on essaie de rentrer en contact...
Une petite fille souriante vient s'installer près de moi. Celle qui tout à l'heure nettoyait l'énorme récipient; je partage ma piteuse couverture avec elle, elle s'endort très vite, un petit sourire reste accroché à sa bouche enfantine...
L'aube arrive, les chameaux remuent, ils ont besoin de bouger, comme moi, entravés pour la nuit, ils ont besoin de se nourrir, de ce peu trouvé dans le désert, la gamine bouge elle aussi, étonnée de me voir si près, son sourire revient vite, d'un bond de gazelle, elle file et revient avec du lait de chamelle, et un bout de galette, sous les regards indifférents des femmes, elle partage son trésor avec moi... elle touche les liens de mes chevilles en me regardant tristement, mon pauvre sourire lui répond... les heures passent, elle est toujours là, va et revient près de moi en chantant une douce mélopée du désert, je l'écoute en souriant... Et toi! Hervé que fais-tu?... Mon regard se pose sur cette gamine attachante... un espoir à l'horizon...

*
Hervé à dormi au Nord de la grande tente étudiant une grande partie de la nuit toutes les possibilités d'évasion... pour cela il faudrait l'envisager le soir à la première obscurité, savoir où se trouve Clémentine, voler un chameau de l'eau et un peu de nourriture et suivre l'étoile du Berger...cette belle étoile synonyme de liberté... tout commençait à prendre forme dans sa tête quand le chef de la tribu qui s'était également réveillé le toise et dit: «Slept well to you?»

H*
 je lui répondit que non! car relié à cette corde qui me blessait les chevilles. Dans un geste de bonne volonté il enleva le lien et me demanda de ne pas essayer de m'enfuir... Lui demandant des nouvelles de Clémentine, il me jeta un regard froid et me dit qu'elle aussi était sa prisonnière, qu'il étudiait une possibilité d'échange contre quatre de ses amis emprisonnés au Mali et exigerait également le versement d'une rançon d'un million d'euros... L'écoute de ce montant me fait tressaillir... jamais on ne débloquerait cette somme pour deux européens totalement inconnus...

*
Le temps change vite dans le désert, le vent tourbillonne dans les dunes, soulevant des masses de nuages dorés, que Clémentine regarde d'un œil distrait, trop occupé à trouver une solution, voir ces gens courir de tous cotés, les femmes et les enfants rassemblant à grand cris de «beriberi» des chèvres faméliques pour les enfermer dans des enclos d'épines, quelques hommes entravent les montures, les attachant à de maigres piquets de bois pour qu'ils ne se perdent; le vent attisent la poussière, chacun se démène pour vérifier les tentes, et s'y réfugie, je suis bousculé et poussé à l'intérieur de l'une d'elle quand une petite main s'accroche à moi et me tire vers le coin des femmes, le vent me bouscule et me fait pleurer des larmes de sable, j'ai l'impression d'être une de ses tortues des Galapagos, sur une plage à expulser dans la douleur... le vent aurait voulu s'engouffrer avec nous, mais un tapis fermement tenu l'en empêche... je reprend une large bouffée d'air... presque pur sans ce sable qui s'infiltre partout, ne pas se frotter les yeux... pleurer comme la tortue....pour qu'il quitte mes orbites brûlants... les secondes passent, la petite main ne me lâche pas et me traîne vers le fond de la tente bédouine... un son presque inaudible dans les râles du vent... Hervé ? Oui.... je suis là... nos mains s'étreignent en silence, nous ne nous connaissons pas, mais nous ne sommes plus seuls, nous sommes deux... et cette tempête de sable... la gamine caresse une croix en or sur sa poitrine en souriant, elle regarde Clémentine qui répond à son sourire, puis s'esquive un moment pour revenir avec un couteau et une outre en peau de chèvre remplie d'eau...

"parle-moi encore étoile du nord, raconte-moi ce rêve que je dois reconnaître aux battements de son cœur....étoile, fait qu'il entende les miens pour venir jusqu'ici" de Kel Tamacheq

à suivre...







Voyage vers l'inconnu... n° 2 (saga écrite en duo avec Clémentine en 2010)

Voyage vers l'inconnu 2...

Immobile, droit dans mes « Rangers » cette mini tornade fonce sur moi à une vitesse vertigineuse et, même à une centaine de mètres je n'en distincte toujours pas l'origine...
Je me sens entouré rapidement par cette tempête et entend un grognement étrange...le sable se reposant au sol, une vision apocalyptique me tétanise...je me trouve encerclé par une dizaine de chameaux blatérant sans discontinuité, leurs cavaliers puissamment armés ont le visage recouvert d'un grand voile noir ne laissant apparaître que la dureté de leurs regards ... 
Celui qui semblait être le chef de cette tribu, peut être Touareg se mit face à moi et dans un Anglais approximatif me demanda de justifier ma présence à cet endroit...Non convaincu il fit un geste rapide vers un de ses hommes afin de me lier les mains dans le dos, me bander les yeux et me ficeler comme un tapis d'Orient sur un chameau libéré à mon attention...
Sans un mot la caravane s'élance de nouveau à vive allure vers une destination inconnue...
La nuit était tombée lorsque nous sommes arrivés au campement, mes geôliers mirent plus de délicatesse à me descendre de la monture que lors de ma capture... en fait dans ce village de tentes accrochés à un minuscule oasis il m'était impossible de m'échapper ; c' est à l'intérieur d'une d'entre elles que l'on me poussa en me donnant une couverture et en m'indiquant l'endroit au sol où je pourrais m'allonger pour la nuit...je méditais assis les jambes croisées sous mon corps à l'évolution de la situation quand une femme entièrement voilée m'apporta une Taguella, accompagnée d'une grosse timbale de thé. Tenaillé par la faim j'engloutis avec bonheur ce frugale repas non sans avoir remercié cette femme au regard empreint de curiosité.


C*
Le scintillement de la lune sur mon visage m'avait éveillée il me poussait hors de la tente, le ciel était couvert d'étoiles.....elles se sont misent à danser dans un étrange ballet, tournant toutes dans la même direction... suis-je encore endormie ? une étoile me parle, elle me dit que bientôt il sera là, celui qui est né d'un rêve sous un arbre étrange, comme il n'en existe pas ici... cette étoile se moque de moi en me parlant de ces branches pleines de rubans et de couleurs, un arbre de cadeaux... cela peut-il exister ? ne pas ouvrir les yeux... rester dans ce songe au goût de miel et de dattes comme celles cueillies au soleil levant en riant avec Jasmine mon Amie qui sans nouvelle depuis mon départ devait fortement s'inquiéter... 

H* Le cri du chamelier rassemblant son troupeau m'éveille....le cœur battant, je me lève, roule ma couverture, les étoiles ont quitté le ciel, je sors de la tente.....un rêve étrange dans la tête....
le lien me retenant la cheville me rappelle brusquement ma condition de prisonnier du désert...
les hommes parlent entre eux, un langage que je ne comprend pas, mais celui qui cache le bas de son visage derrière un alesho d'un bleu indigo me foudroie d'un regard noir en shootant dans mes affaires, signe que je comprend vite, je dois faire mon paquetage...ils vont bouger, et je n'ai pas d'autres choix que de les suivre....
Le chef de la tribu rassemble ses hommes et s'avance vers moi, son comportement plus pacifiste apaise mon esprit... peut être va t' il m'entendre...quand au moment d'engager la conversation j'entrevois au loin par dessus son épaule une femme mince, habillée en tenue militaire, les cheveux enrubannés dans un turban couleur turquoise, une paire de lunette de soleil cachant son regard...
Elle ne m'a pas vue,  elle semble hagard, perdue entourée de jeunes filles qui la regarde tout sourire comme une belle Princesse...sa cheville également entravée me laisse à penser quelle est également détenue...
Quelle folie ais-je fait en partant faire ce voyage sans prévenir personne, un besoin de solitude... hé bien mon gars, tu l'a trouvé la grande solitude du désert ! Qui pensera que toi, l'amoureux des arbres, tu es venu pour caresser les sables du Sahara... rêver devant les dunes de Chegaga....découvrir l'oasis de paix et de douceur....mais face à moi, toujours cette étendue de sable blanc d'où émerge comme d'une champignonnière une multitude de petites toiles emprisonnant quelques rares poulets, brebis à la recherche de la moindre nourriture . Moi le pacifiste œuvrant pour une ONG je me trouvais aujourd'hui dans une prison à ciel ouvert à des milliers de kilomètres de ma Lorraine natale...

La voix grave du chef me ramène à la réalité du moment, car celui ci visiblement inquiet, me repose les mêmes questions formulées la veille, ne croyant pas en ma version des faits, ne voyant qu'en moi un espion à la solde de l'occident, étant conforté dans sa position par la lecture de mon passeport où sont annotés mes nombreux passages sur tous les continents...
Me libérant de mes liens il me presse à me préparer, de me cahoter sur ce vieux dromadaire blatérant sans cesse, et me donnant un peu le mal de mer... un comble en plein désert! Le soleil devient chaud après la fraîcheur de la nuit, je me renfrogne sous la capuche de la djellaba prêtée par un homme de la troupe, elle sent la sueur et le chameau...je m'habitue à l'odeur, mais pas à la soif qui me taraude depuis un bon moment déjà, je fais comprendre mon envie de boire, mais rien ni fait, je dois attendre comme tous, ce n'est pas le moment... 
Je peste mais cela ne change rien, ces hommes sont aussi dur envers eux qu'envers moi...l'eau est rare dans le désert...La caravane s'élance, tous le monde suit dans un silence de prière... mon regard figé sur cette femme en tenue militaire se trouvant juste devant moi ; qui est-elle ? Et eux, quand auront-ils envie de retrouver leurs familles, leur village...s'ils en ont un ... à ce moment là, peut-être ma chance, notre chance sera plus grande pour nous évader? Je veux l'espérer, ils nous retiennent prisonniers, mais nulle cruauté envers nous, Il faut que je parle à cette fille dont je ne vois que le dos onduler sous le rythme saccadé de sa monture...les heures s’égrainent lentement sous ce soleil de plomb et derrière nous, seul le sable se lève sur notre passage...où allons nous?

à suivre...

*Taguella: galette cuite sur du sable chauffé dans une légère braise et trempée dans un bouillon de lait aigre 


*alesho: voile Touareg


Voyage vers l'inconnue... n°1 (saga écrite en duo avec Clémentine en 2010)


Voyage vers l'inconnue 1 (introduction)

Devant moi le désert, et ses immenses dunes de sable blanc, ce large horizon tourné vers l'inconnue; mes deux pieds dans le sable, je regarde derrière moi mon 4x4 arrêté... un long panache de fumée s'échappe encore du capot ouvert...
Parti à l'aube du dernier village Touareg, je devais rejoindre la petite ville de Thiamine située à 90 km au sud; le soleil commence à se lever et avec lui disparaît la fraîcheur de la nuit passée. Que faire? Je ne dispose que de deux litres d'eau et d'une boîte de biscuits offerte par mon amie à l'instant du départ. Je récupère mon chapeau sur le siège passager et le frappe avec rage et colère sur l'aile du véhicule afin d'en chasser le sable qui l'avait recouvert, puis je m'enfonce dans ce désert Saharien pour terminer les 20 km qui me séparent de cette bourgade Malienne. Dix minutes de marche et déjà, j'aperçois au loin une masse informe couchée sur le côté... au-dessus, une silhouette majestueuse montre sa puissance en battant ses grandes ailes, arrachant de son bec crochu des lambeaux de chair de ce qui devait être un chameau...
Le rapace dérangé par mon arrivée, posa sur moi un regard cruel... prenant son envol, il éparpilla dans les airs son sinistre cri...
Deux heures de marche déjà sous cette coiffe de plomb, un étrange sentiment m'envahit...
Seul dans cette immensité le doute s'installe, l'angoisse grandit, et cette absence de vie ne fait qu'accentuer mes craintes de finir loin de tout, de mes proches, de cette amie que je ne reverrai peut être jamais...
Bizarrement, le simple fait de penser à elle eu pour effet de me redonner du courage. Elle n'aimerait pas que je me laisse aller au désarroi, elle trouverait certainement les mots justes pour me donner la force de survivre et de rejoindre la civilisation. Je ne dois pas la décevoir elle ne me le pardonnerait pas. Quatre heures depuis l'abandon de mon véhicule, assoiffé je n'arrive pas à économiser mon eau; à cet instant au loin, j'aperçois à travers ce soleil brûlant un petit écrin de verdure perdu au centre de quatre énormes dunes...
Je m'interroge... mirage ou réalité...
Piqué au contact de ces petits arbustes, je ne rêvais pas! ces cactus étaient bien réels et m'indiquaient que je ne devais pas être bien loin de Thiamine...
Le vent se lève... soudain, le ciel s'obscurcit...

à suivre...



vendredi 20 septembre 2013

Douceur dans le creux de mes bras...

Douceur dans le creux de mes bras...

Elle s’endort dans mes bras, le corps fatigué
Juste besoin d'un répit, de reprendre des forces
Aux étreintes sensuelles à mes tendres baisers
Sa tête tout contre moi, posée contre le torse

Je la regarde sommeiller, respirer lentement
Son souffle diffusant l'effluve de son parfum
Contre ma poitrine comme la caresse du vent
Sourire d'un regard faisant face aux embruns

Dans mes bras enlacés, je me sens protecteur
De ma Belle, mon Aimée, joli soleil d'or
Pour Elle, je deviendrai le Prince sans peur
Forteresse, rempart des chasseurs de trésors

Un doux rai de lumière, illumine son visage
Donnant à sa nudité une vision de l'Ange
Face à sa beauté, je ne peux rester sage
Offrant un baiser aux yeux de l'archange

Elle ouvre ses paupières tel un rideau de soie
Sur deux pierres précieuses pétillantes de désir
Ses lèvres en sourires plongent sur sa proie
Se laissant aller au plus beau des plaisirs


Roidecoeur 2013

jeudi 12 septembre 2013

Bleu océan...




Bleu océan...

Le ciel garde sa beauté bleu aux regards souriants
Où l' Amour en absence glisse sous tes paupières
Protégeant nos corps nus d'un voile de pudeur...

Comme j'aimerais arrêter l'horloge du temps
Emporté par la vague et le chant des sirènes
Pour fixer dans le bleu nos regards océans....

Dans le creux de ma main la tendresse papillon
Déposant la douceur en caresses de nos lèvres
Habillant de la soie nos délicats baisers...

Si proche et si lointain nos visages ne font qu'un
Pour offrir en miroir dans un reflet de l'eau
Une ombre chinoise en couleur bleutée...

Le ciel restera bleu dans les cœurs sincères
Effaçant les nuages provenant de la mer
Reste les sourires sur le beau sable blanc...

Roidecoeur 12-09-2013




lundi 2 septembre 2013

Tendresse matinale...

Tendresse matinale...
Quand le silence se tait et que la nuit se lève
Enlaçant dans leurs bras le jour qui s'éteint
L'étreinte impossible, la caresse trop brève
D'une Lune endormie et d'un soleil éteint


L'aube en crépuscule se lève et se dénude
Offrant sa beauté dans la brume naissante
Le jour s'illumine quand la nature prude
Embrasse le matin en couleur rayonnante


Les oisillons piaillent en attente de la becquée
Des colverts barbotent, cherchant la pitance
Venue des nénuphars aux feuilles vernissées
Puis, le soleil apparaît jouant de sa brillance


Les Amants se promènent à l'heure de midi
Le long de cet étang où la douce quiétude
Éclaire les regards, immobiles, ils sourient
Échangent un baiser en signe de plénitude

Roidecoeur 03-09-2013...