Un
frisson sur la peau, en ultime caresse...
Pour
toi ma jolie Princesse... cette dernière promenade, un voyage
entre rêve, fiction et réalité...Toi, qui me connais bien, je sais
que tu arriveras à percer le secret de mes mots...
Il
est midi lorsqu'une voiture rouge s'arrête aux pied d'un immeuble;
coïncidence elle se gare juste à côté d'un coupé Mégane de la
même couleur... ils avaient rendez vous ce jour; elle n'a pu
l'oublier ayant noté son prénom sur son agenda...
Sans
quitter le véhicule, l'homme regarde la fenêtre du premier étage...
Elle est entrouverte, sans doute pour évacuer les odeurs de cuisson
de l'émincé de volaille qui sera accompagné ce jour de légumes
méditerranéens... lui, n'a plus d'appétit depuis quelques temps,
son esprit est ailleurs...
Sa
timidité l'emporte sur l'envie, il n'ose l'appeler, lui dire qu'il
est là...qu'il l'aime toujours autant et qu'elle lui manque... Les
minutes sont longues à attendre, à espérer l'apercevoir, pour peut
être échanger un sourire... Qui sait, le désir de se serrer à
nouveau dans les bras l'un de l'autre... Songeur, il ferme les yeux,
puis lui envoie un sms comme un appel au secours... il restera sans réponse...
Une
autre voiture s'arrête un peu plus loin, un homme en descend des
fleurs à la main... D'un
pas assuré il se dirige vers l'entrée de l'immeuble, sans se
tromper, il sonne, quand la belle dame tout sourire à la fenêtre,
lui ouvre la porte sans même apercevoir l'ombre restée
discrète...pourtant, il devrait savoir qu'aux fleurs coupées, elle
préfère admirer celles dans leurs belles robes en bordures des
champs...
La
voiture rouge redémarre dans le plus grand silence, à l'intérieur,
on aperçoit le chauffeur en train d'essuyer des larmes... ses
larmes...
Surgit
le besoin de se faire mal pour aller une dernière fois se promener
sur les traces de ses souvenirs... Il fait grand soleil ce vendredi
en cette jolie vallée; il longe et contourne cette vieille auberge
abandonnée sur laquelle est apposé un panneau « À
VENDRE » remarquant que sa toiture côté route vient
également de s'effondrer... Il monte sur ce petit sentier en lisière
de la forêt tenant en sa main une petite boîte cartonnée... que
contient elle? Peut être un mystérieux secret... quelques messages arrivent sur son portable...mais non... il avait espéré...mais il a rêvé... alors il poursuit sa route...
Les
vieilles souches toujours présentes ouvrent leurs portes à son
imaginaire, celui magique du monde des elfes; il s'arrête et regarde
intensément une racine émargeant du talus, elle semble lui
sourire... De sa bouche en forme de cœur sort brusquement un
minuscule papillon blanc; à cet instant, il sort de sa boîte, une
gousse de velours noir; on aperçoit une cage de métal doré
accrochée à la cordelette de fermeture... au dehors, une mésange
regarde la liberté... À
l'intérieur du sac, deux petites pierres sur
un sable vendéen dorment dans un lit de coquillages en forme d'ailes
de papillon ... l'une avait été échangé lors d'une promenade,
elle a une sœur jumelle qui sommeille sans doute dans un écrin de
fer blanc... La seconde, magnifique, a la couleur de ses yeux, celle
de l'émeraude... se tenant à l'écart une minuscule perle blanche
veille avec amour sur un parchemin roulé... Délicatement, il dépose
la poche de velours dans la cavité naturelle de cette vieille
souche, embrasse son index qu'il offre tendrement au bord des lèvres
de bois; il sait à cet instant qu'elles resteront à cet endroit,
inséparables à jamais... Si un jour elles venaient à disparaître,
c'est qu'un Ange, son Ange est venue la chercher... peut être
qu'elle lui ferra savoir en lui lisant le petit mot caché à
l'intérieur et ses mains d'artiste pourraient même en faire un
tableau... L'homme se relève, essuie une larme et poursuit son
chemin...
Sur
le haut, le zébu toujours couché montre comme pour le défier son
arrière train... Il se souvient de la croisé des chemins où son
guide lui avait dit qu'il était un raccourci pour rejoindre
l'auberge... Le sentier se resserre pour en pente douce, l'amener au
bord de l'étang protégé d'un grillage; son pied à glissé au
passage de ces grosses pierres de gré rose à travers lesquelles
file la naissance d'un ruisseau... Personne ce jour pour lui donner
la main... Il s'attarde et regarde les traces du gibier venu se
désaltérer au cours de la nuit; sur sa gauche au milieu du plan
d'eau se dresse une île aux oiseaux qui offrent une tendre
musicalité au promeneur solitaire... À
l'extrémité de celui ci un petit chalet de bois lui indique que sa
promenade aux pas de ses souvenirs se termine... Il s'arrête pour
écouter les gémissements à la surface de l'eau d'un enfant
implorant de l'aide... Un court instant, en miroir, un cauchemar
apparaît...
Enfin,
il se retrouve devant la bâtisse en ruine offrant son spectacle de
désolation... Pourtant elle garde au fond de son cœur des souvenirs
heureux fait de partage de repas familiaux où au milieu des cris
rieurs d'enfants, les tables en extérieures offraient dans la joie
et la bonne humeur, une hospitalité généreuse ... Une petite
voiture grise s'arrête à proximité... une femme les cheveux
grisonnants en descend et attache une laisse au cou de son caniche;
ils échangent un salut amical... l'aurait elle reconnu? Qu'importe,
il regagne le petit parking, jette un dernier coup d’œil sur le
panneau de bois indiquant les lieux de randonnées et remonte dans
son véhicule...
La
voiture rouge démarre à nouveau et plonge dans la vallée en
direction d'Archette; elle s'arrête au bord de la Moselle; un chemin
le mène à une petite reculée où, au bord de la rivière, une
crique de galets multicolores lui ouvre les bras... Il sort de sa
boîte un petit bateau blanc qu'il glisse dans un filet d'eau...
celui ci ne semble pas apprécier ce départ volontaire et s'obstine
à rester contre toute attente sur le rivage... Après plusieurs
tentatives infructueuses, c'est avec l'aide d'une perche de bois que
la frêle embarcation, gouvernail bloqué, le quitte et disparaît de
sa vue... Sur sa coque, un prénom... Dans sa soute une malle
contenant des souvenirs heureux... Si vous le trouver, il y a dans
son filet de pêche à l'arrière un petit rouleau de papier sur
lequel est noté l'adresse d'une Princesse... Ne le garder pas pour
vous...merci de lui rapporter ce joli chalutier afin qu'il retourne à
bon port aux pieds de son tendre et souriant marin...
La
vie ressemble à un bouchon sur l'eau qui dodeline son corps aux
différents courants... parfois en eaux calmes, souvent en eaux
troubles... Il essaie de faire de son mieux, pour garder la tête
hors de l'eau quand Aimer conjugué au passé est le sentiment qui
fait le plus souffrir...
Si
un jour vous lisez ce texte, sachez qu'il est son dernier... toutes
ses pages écrites resteront ouvertes, afin de vous permettre si le
cœur vous en dit, d'aller vous promener avec tendresse au sentier
de ses émotions, au cœur de son intimité voilée... Un peu comme
une porte bleu, sans serrure, restée entrouverte sur ses plus jolis
souvenirs...
Ne
cherchez pas à savoir ce qu'il est devenu... si vous êtes un Ange,
si vous avez gardé votre âme d'enfant, si vous croyez aux contes de
fées... alors nul doute qu'à travers votre regard vous
l'apercevrez...vous le reconnaîtrez car il vous répondra en vous
offrant son plus beau sourire...
Mon
Amour, c'est dans ce dernier «je t'Aime« que ce trouve le mien et
par un soleil rayonnant que sous un «Piège
de parme, Au soleil naissant, la liberté affectueusement lui
rend...»
Je
ne peux rendre ce que je n'ai jamais pris, ce que je ne possède
pas... garde en toi cette belle richesse que tu as courageusement
gagné... essaie de rester sans influence pour n'écouter que la voix
de ton cœur car lui seul saura te montrer le chemin du bonheur...
Merci pour tout mon Ange...
Birdy
18 juillet 2014